Kévin Buton-Maquet

kevin.buton@unige.ch

Assistant en éthique à la Faculté autonome de Théologie protestante de l’Université de Genève. Thèse de philosophie sous la direction d’Isabelle Delpla (IRPhiL, Lyon 3) et Cécile Fabre (All Souls College, Oxford).

Mes recherches théologiques portent sur une notion qui n’a pas toujours eu bonne presse dans l’histoire de la théologie protestante. Il s’agit de la vertu, accusée d’encourager une attitude d’orgueil devant Dieu, face auquel le croyant « vertueux » réclamerait d’être sauvé au regard de ses nombreux mérites et de sa grande piété… Pourtant, après Luther le protestantisme n’a pas manqué de réintégrer en catimini une éthique des vertus. C’est l’une de ces vertus, la prudence, qui m’intéresse particulièrement. Comment cette vertu, qui prend le monde tel qu’il est, a pu chez certains auteurs devenir l’expression humaine et finie de l’Esprit divin et infini?

En philosophie, mes recherches ne quittent pas le domaine de la vertu, mais l’abordent dans un tout autre contexte : celui de l’institution militaire. Elles portent en particulier sur l’armée française, qui produit une éthique des vertus militaire qui lui permet de surmonter les dilemmes moraux que rencontrent ses soldats et de gérer ses rapports complexes à la démocratie moderne. Mon travail de thèse permet ainsi de repérer l’émergence d’une pensée de l’individu combattant, pensée qui s’exprime dans le langage des vertus, dans les écrits militaires français à partir de la Révolution, chez des auteurs comme Guibert, Ardant du Picq, Lyautey, de Gaulle ou Psichari.